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PASCAL, DIDIER, KARL ET LES AUTRES ...

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 16 janv. 2022
  • 3 min de lecture

1974.

Montand, Piccoli, Depardieu, si on ajoute Reggiani et quelques autres, on est dans le bon cinéma made in France; avec Sautet, Dabadie et Sarde à la baguette.

Deux décennies après, une bande de barjots sort le handball tricolore du caniveau, avec Daniel Costantini comme chef d'orchestre.

Tout le monde se rappelle encore des tresses de Jackson Richardson, le génial soliste qui fait déjouer toutes les attaques du monde. Au menu, interceptions, contre-attaques et roucoulettes, le Réunionnais régale et donne la migraine à tout le monde.

Mais derrière ce phénomène, un grand escogriffe d’1m96 va devenir docteur en basses besognes défensives, spécialiste du bourre-pif en tout genre.

La mayonnaise était en train de prendre, le fameux ADN défensif pouvait naître.

Pascal Mahé était devenu le défenseur exclusif de l’équipe de France, le premier chef de meute d’une haute lignée, à la base de si nombreuses médailles.


Quelques années plus tard, son successeur viendra de Pointe-à-Pitre.

Comme le grand Pascal, Didier Dinart se voyait arrière gauche, le roi du jeu. Ses entraîneurs et lui ont l’intelligence de revoir l’objectif, et le guadeloupéen devient défenseur exclusif.

La défense est un combat où il faut apprendre à gagner ses duels : ce n’est pas Onesta qui dira le contraire. DD comprend le message et s’impose avec rudesse. Mais il ne suffit pas d’être méchant et de distribuer des claques à la volée, le « roc » affine son jeu et devient expert dans sa lecture.

Comme son ainé, il finit par décrypter les attendus de ce poste si spécifique. Une position de numéro 3 où vous devez gérer des duels avec les pivots, les arrières et pour couronner le tout, les relations entre tout ce petit monde.

On est certes dans le combat, mais au cœur du réacteur : les décisions sont cruciales et à prendre au bon moment.

Avec ses complices, Bertrand Gille devant et Thierry Omeyer derrière lui, le grand Didier va enquiller les titres.


En 2014, Daouda Karaboué et quelques potes à lui organisent un stage de handball en Côte d’Ivoire. Un jeune de 14 ans, originaire d’un quartier d’Abidjan y montre de belles qualités.

Le gardien international croit en lui et le ramène en France faire des essais dans quelques centres de formation. Celui d’Aix le retient, et Karl Konan signe son premier contrat pro en Provence en 2015.

Quatre années plus tard, il est élu meilleur défenseur du championnat, puis en 2021, il honore sa première sélection en bleu !

Luka Karabatic et Ludovic Fabregas font régner l’ordre dans la défense tricolore championne olympique en 2021.

La loi du milieu.

Mais le malheur des uns étant ce qu’il est, le forfait du frangin de Niko offre un billet à Karl pour l’Euro 2022. Et pas un strapontin !

Le gamin de Cocody ne vient pas en Hongrie pour faire du tourisme et filer un coup de main à ses potes, entre un goulash et une rasade de Tokaï.

Après deux matchs contre l’Ukraine et la Croatie, il semble se jeter à corps perdu dans cette mission. Deux matchs rendus faciles par les performances des gardiens et de leurs cerbères. Karl Konan montre plus que du volume et de l’enthousiasme : il contre et neutralise à tours de bras, multiplie les entraides et les déplacements, mais avec justesse et sérénité.

Une impression de force tranquille se dégage de cet homme de 26 ans ; comme s’il était là depuis longtemps.


Les belles copies rendues par tous ces petits nouveaux ont de quoi nous réchauffer un peu au cœur de cet hiver glacial. Attention, il faudra attendre de se frotter aux cadors européens pour s’enflammer.

Après Pascal et Didier, Karl 1er pourrait être le nouveau roi de cette fabuleuse dynastie.

Ça serait une belle histoire, des faubourgs d’Abidjan à la Budapest Arena.

Sous le regard protecteur de Daouda, qui peut être fier du chemin parcouru…

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