BREVES D'EURO : LE TCHEQUE SANS PROVISION
- 16 janv.
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Dernière mise à jour : 18 janv.

Julien Cazarre est un sale gosse qui a pris la lourde d’M6, Canal et Bein ; mention spéciale à la chaîne du Qatar, avec une éviction au bout… d’une émission. Il faut dire qu’il coanimait avec Alisson Pineau, pas forcément la duettiste rêvée pour ce trublion cathodique. Il a finit par trouver une famille d’accueil sur RMC. On a pu se délecter des années dans « L’After » puis « Rothen s’enflamme » de sketchs déjantés ou de chansons parfois géniales. Aujourd’hui, l’humoriste a sa propre émission, « Le Cazarre Enchaîné ». Dans une de ses chroniques, « l’Arcom du Com », il appelle un commentateur de foot pris en flag de lieu commun ou de vanne pourrie pour lui botter le cul.
Autant dire que le Tchèque sans provision par lequel Thomas Villechaize a conclu le premier match des Français mériterait largement une citation chez Cazarre !
Il faut dire que notre commentateur vedette a le calembour facile, mais aussi que meubler un match sans suspens n’est pas toujours évident. La glorieuse incertitude est l’essence même du sport ; sans elle pas de spectacle.
A vaincre sans péril on triomphe sans gloire, Corneille n’écrivait rien d'autre, juste avec plus de style. Par contre, chacun sait que le pauvre Pierrot n’avait jamais touché un ballon de sa vie. Quel ignare ! Pendant presque deux décennies, les Bleus ont tué le suspense, me détournant presque de ce sport. Voir des stars mondiales se faire désosser par Didier Dinart et Bertrand Gille avant que Thierry Omeyer les termine, était devenu à mon humble avis, une série au scénario trop prévisible. Moins qu’un match de foot insipide… où une équipe claquée peut attendre 90 minutes en bloc bas avant de châtier une grosse cylindrée à la 95e sur un malentendu.
6/0 à la 4e.
20/14 à la mi-temps.
42/28 à la fin…
Que dire ?
Que nos pivots sont là ; que Mem et Minne sont diaboliques ; que Prandi envoie du paté ; que nos ailiers sont efficaces ; que Richardson a dépassé les 300 buts, Kounkoud les 100 ; que Bolzinger a fait 7 arrêts ; que Konan défend bien ; que tout le monde a joué ; que Zaepfel et Paleka ont croqué dans la pomme, en inscrivant leurs premiers pions ; que l’US Ivry est un club formateur ; que son coach, Didier Dinart, était en arrêt de travail depuis le début de saison ; avant de reprendre à l’Euro… avec le Monténégro.
Thomas et FXH sont comme souvent excellents, soulignant l’importance du jeu rapide et sans ballon.
Dans les années 80, Canal a révolutionné le traitement du sport. Hagler, Jordan, Tyson, le Milan AC, le téléspectateur tricolore pouvait voir autre chose que le score de Louhans-Cuiseaux sur un tableau à Stade 2. L’abonné peut enfin s’immerger dans le sport, le vrai, avant de s’offrir un petit plaisir à minuit le dimanche soir.
Terminé l’interview inutile de Pierre Fulla ou le reportage insipide de Richard Diot, la chaîne cryptée investit dans le sport avec un Charles Bietry survitaminé aux manettes. Le sport change de dimension, avec un avant match, une mi-temps, un bord terrain, des interviews et des analyses d’après match. Cerise sur le décodeur, les caméras entrent dans les vestiaires…
40 ans plus tard, tout ça semble dépassé. L’essentiel se passe à la radio : plus de temps, de recul, moins d’enjeux et surtout plus de critique. Problème, il faut se coltiner Radio H pour entendre une émission de handball, entre une une pub pour le muscadet et un titre de Christine and the Queens. La télé est devenue accessoire, un exercice convenu et sans surprise, avec des échanges qui dépassent rarement le ras des parquets. L’habillage des matchs est devenu mièvre, voire carrément inutile, dans le foot comme ailleurs. Hormis Bulbik, Fury, Mayer, Bosse, Doumbe ou quelques autres, nos icônes sont souvent meilleurs sur le terrain que face caméra... après-tout, c’est certainement ce qu’on attend d’eux.
Bonne surprise, le grand Niko surnage dans la soupe fadasse de ce France-Tchéquie. Marie Patrux enquille les rafales de rire, il faudra que Marion Bartoli hausse son niveau de jeu pour relever le défi.
Un couplet pertinent sur le jeu rapide des Bleus, comme ses collègues commentateurs, pour finir, l’idole se fend d’un : on attend la Norvège avec impatience. Sous-entendu on risque encore de s’ennuyer ferme contre l’Ukraine. Tout est dit.
Tu étais le meilleur balle en main, bon vent à toi derrière le micro.





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