MAS ALTO
- 28 janv.
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Ce France-Espagne n’était pas forcément un 1/4 de finale. Par contre, après la défaite de la Mannschaft contre le Danemark, le France-Allemagne en sera un vrai de vrai. Au delà du classement et de ses savants calculs, il sera temps mercredi à 18H00 de voir si les bleus sont comme leurs aînés, de l’étoffe des héros. Dans ce cas, rien de mieux qu’une bonne partie de manivelle contre nos amis d’outre-Rhin pour se remettre en selle ; le combat sera rude, vraisemblablement plus physique que tactique.
Après 3 défaites contre l’Allemagne, la Norvège et le Danemark, les hommes de Jordi Ribera ne peuvent plus voir les demies. On les savait fiers et créatifs, mais pas capables de nous botter les fesses à ce point. On ne peut pas parler de raclée, mais c’est pire, de leçon. Captain Tarafetta l’a dit, leur coach est un gars inventif, presque obsédé par l’innovation. Rien de tel qu’un duel sans enjeu pour se lâcher ; ce qui pose question est plutôt la réponse impuissante des Français. Si on excepte une alerte où Desbonnet a enchaîné 5 arrêts, cette équipe a contrôlé le match de bout en bout.
Tout y est passé, défense 1/5 avec Barrufet au delà des 15 m, défense quasi 3/3, 7x6, jeu à 4 arrières, jeu en mouvement, des changements pertinents… ce fut un festival tactique.
8-8 à la 13e
12-8 à la 18e
20-16 à la pause.
30-28 à la 52e, l’Espagne joue toujours aussi bien… mais a butté pendant 10 minutes sur un grand Desbonnet : 9 arrêts en une mi-temps, de quoi rassurer TFV.
36-30 au final, après un 6-2 encaissé dans les 8 dernières minutes.
Pour nos deux arrières titulaires, l’équation se rapproche de celle du Danemark : Mem + Prandi = 2/9. Au delà des stats, les tricolores se sont régulièrement fait piéger par des gars plus malins, et surtout, n’ont pas su se sublimer pendant le money time.
On peut analyser ce match à l’aune du classicisme. La France a régné sur la planète pendant plus d’une décennie avec Claude Onesta à la baguette : à Omeyer la cage, Dinart la défense, Karabatic l’attaque, Quintallet la préparation physique ou à Nouet l’entraînement. En donnant les clés de la boutique à certains leaders, le Toulousain a construit une machine de guerre aux rouages clairs et où chacun va accepter son statut. Les victoires sont venus valider ce management participatif, un lien fort s’est tissé entre le coach et ses joueurs… certains géniaux ( Abalo, Guigou, Narcisse… ).
Fort de cette philosophie, les titres se sont accumulés, plus que sur la justesse du jeu ou l’originalité tactique.
Les adversaires s’y sont cassés les dents sans réellement trouver la clé du coffre. Et puis Omeyer s’en est allé, les Danois ont débarqué, Onesta a pris sa retraite, Karabatic aussi. Si on referme la parenthèse Dinart, Guillaume Gille est finalement un enfant de cette orthodoxie à la Française. Il applique des recettes qui ont fait leurs preuves mais qui finissent par montrer leurs limites.
Dans cette guerre des modernes contre les classiques, il y a toujours un moment où le changement s’impose. Guillaume aurait pu sélectionner Aymeric Minne dès les JO de Paris, mais avait préféré faire le choix de la continuité ; celui de la confiance dans ceux qui ont déjà gagné. Pour cet Euro, il a installé le meneur nantais aux manettes, mais avec un coup de retard. Le coach bosse bien, a gagné en maturité mais c’est comme si l’ensemble manquait d’audace et d'invention.
Ce ne sont que des impressions, on verra contre l’Allemagne puis ensuite. On attend l’acte fondateur de cette nouvelle ère, celui qui instaurera une rupture… comme Onesta avait su le faire avec Costantini.





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