MEA CULPA
- 17 juin
- 3 min de lecture

Des pétards, trois coups klaxons, aucun abribus défoncé, on ne peut pas dire que le peuple ait dignement fêté la victoire de ses Bleus contre le Sénégal.
Et pourtant, tout n’a pas été si facile ! La faute à une 1ère mi-temps insipide, où les erreurs techniques le disputent à un sérieux manque d’inspiration. Avant que Didier ne secoue ces mauviettes, replace Olise dans l’axe et envoie Dembele en Sibérie, dans un camps de rééducation.
On sait tous que la corruption fait rage, dans le foot comme ailleurs ; en particulier dans quelques républiques bananières... Un pur scandale, Alireza Faghani oublie un pénalty à la 62e, après une agression caractérisée sur Kiki !
Heureusement, ça n’empêchera pas notre serial buteur d’en cloquer un quatre minutes plus tard, puis un second à la 95e. A lui le record en équipe de France, il peut désormais regarder Giroud dans le rétro ; et Miroslav Klose au classement des réalisateurs en Coupe du monde : l’Allemand en est à 16, Kiki à 14.
Le problème est qu’un célèbre nain autiste, Lionel Messi, joue avec l’Argentine. Et pas trop mal puisque le divin gaucher y est allé de son triplé contre l’Algérie ; il égale ainsi le total de Klose. De simple fait de jeu, le péno non sifflé par notre arbitre véreux devient une affaire d’État, qui prive Kiki d’une encoche de plus sur sa crosse. Et ça m’étonnerait que Léo reste muet contre l’Autriche et la Jordanie. Le duel est lancé, chaque unité comptera. S’il le faut, Kiki aura une quatrième occasion en 2030 en Espagne pour enfoncer le clou... à moins que Messi ne décide de la jouer, sa 7e à 43 ans !
Mais au-delà de cette brillante démonstration, il faut me livrer devant vous à un exercice humiliant, mais néanmoins salutaire : le mea culpa. Récemment, j’ai souligné les dangers que pouvaient présenter l’ego surdimensionné de notre cher capitaine ; en particulier si les choses tournaient mal.
Passes pourries, contrôles moisis, dribbles ratés et tirs de merde, ses 60 premières minutes tiennent plus du gros rouge que du champagne. Mais pour être honnête, le natif de Bondy presse, défend et cavale presque autant que ses coéquipiers, du jamais vu depuis 2008 et sa demi-finale du tournoi U11 de Bobigny, remportée aux prolongations contre Drancy.
Après quelques binouzes dans leur canap, les légions de haters du prodige y vont de leur analyse objective.
- Putain, enlève ta charette !
- Tu veux dire ta caravane.
- Vas donc chez Afflelou.
- Ah pour négocier les primes, ya pas de problème.
- Sors-moi ce clown, mets-nous Dembélé en 9 !
- Rappelez Griezmann !
- Vivement Zidane.
- Marine, débouche un Ruinart, le gamin se ridiculise.
- Désolée Jordan, il ne me reste que du mousseux.
- C’est pas grave. Par contre, en enverra nos attachés parlementaires européens racheter du champ’ avant les élections.
- On verra Jojo, on verra...
Et encore, nos modérateurs ont supprimé une avalanche de propos outranciers...
A la 62e, un miracle se produit. Une ouverture d’Olise, une course de Mbappé, un contrôle décent et un fauchage inadmissible de Sadio Mané himself, redescendu défendre. On connaît la suite...
66e , Michael encore à la baguette, et cette fois Kiki nous gratifie d’un pivot démoniaque et d’un tir subtil qui trompe un Mendy jusque ici impérial.
95e, Kylian balance une ogive à 25m qui troue un Mendy moyennement vigilent.
Mea culpa vous disais-je, il faut reconnaître que la grande qualité du bonhomme est de ne jamais douter ; c’est la marque des grands. Là où un gars normal se découragerait, lui ne se retourne jamais et en remet une couche : le plus important reste à venir. On peut être nul tout un match, et mettre le pion de la victoire. Inversement, on peut survoler les débats, et s’écrouler dans le money time.
Dans le sport, une prédiction bidon un jour peut s’avérer juste le lendemain : le fameux « j’vous l’avais dit » quand le gars se prend les pieds dans le tapis. En général, ça se joue sur le terrain, au gré des rencontres. On verra ça contre l’Irak et la Norvège, Kiki croisera la route d’un célèbre « cyborg », surtout s’il défend un peu.
Je peux vous annoncer que Dembélé marquera le but du titre en finale. Si c’est faux, personne ne s’en
souviendra ; dans le cas contraire, je serai là pour gentiment vous le rappeler.
NB : Daniel Bravo si tu nous lis, on ne dit pas Ouzemane mais Ousman...


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