LA TIRE A DEDE
- 2 juil.
- 3 min de lecture

Dans la tire à Dédé
J’en ai fait des virées
Quand j’y repense aujourd’hui
Sur ma mob je m’ennuie 1
En 1978, Renaud ne buvait pas seulement des p’tits jaunes, il écrivait des bijoux ; le successeur désigné du grand Georges, qui cassera sa pipe trois ans plus tard.
Cette année-là, après douze années de disette, La bande à Platoche retrouve la Coupe du Monde : en Argentine, dans un groupe sympathique avec La Hongrie, l’Italie et l’Argentine ! En ces temps reculés, le Curaçao boit des cocktails, l’Iran joue à Shah et le Panama fabrique des chapeaux...
Quand Kiki sort à la 85e, on comprend mieux le lien qui unit les deux hommes : Deschamps y va de sa révérence, se prosterne plusieurs fois pour rendre hommage à son fils prodigue. Il faut dire que 40 minutes plus tôt, c’est le coach que Mbappé vient étreindre après son premier but. Une commedia dell’arte en mondovision, émouvante ou indécente ? Les remplaçants apprécieront...
La France est une hydre à deux têtes. Les légères frictions de ces deux dernières années ont été digérées, il y a clairement deux pilotes dans le cockpit de l’avion Bleu. Ceux qui se sont envolés pour l’Amérique le savent, il n’y aura pas de surprise. Depuis trois ans, la tire a le capot qui fume. Une finale au Mondial 2023, une demi-finale à l’Euro 2024, la génération 2018 est en bout de course. Grizou piétine, Kiki pédale dans la choucroute, le jeu proposé est soporifique. La prolongation de Deschamps comme sélectionneur, les frasques de son capitaine, Zizou dans les starting blocks, les haters sortent le bazooka entre deux siestes. La cote d’amour de cette équipe est au plus bas.
On sait le Basque têtu ; on l’imaginait plus crever avec ses idées qu’instiller une dose de fantaisie dans ses troupes. Chantre d’un football pragmatique et défensif, Dédé ne va pas seulement changer de chicots : il renverse la table et change de jeu. Fini le 4/3/3 avec trois milieux récupérateurs, bienvenue au 4/2/3/1 à quatre offensifs.
Quel miracle a bien pu le convertir ? Un BBQ arrosé avec Guy Stéphan ? Une apparition de la Vierge au sommet de La Rhune ? Une overdose de piment d’Espelette ?
Je pense vraiment que deux obsessions animent cet homme :
- Gagner, gagner et encore gagner ; en mettant tous les ingrédients qui mènent à la victoire. Il a compris que le foot avait changé, un solide bloc médian et quelques flèches ne suffisent plus pour décrocher un titre majeur.
- C’était un milieu bosseur et sans génie. Beaucoup respectent son palmarès, peu l’admirent ou l’adulent, ça c’est réservé à Zinédine. Comme coach, c’est pareil !
De quoi bouleverser sa vision du jeu... et entrer dans l’histoire.
B2B oblige, le PSG a deux étoiles sur le maillot. On voit mal Luis Enrique appeler son collègue et lui donner la leçon :
- Tou sé Descampos, tou devrais faire youer Ousmane en faux 9, Warren latéral, Barco à gauche et Désiré à droite?
- Mais qui êtes-vous Monsieur ?
- Luis.
- Fernandez ?
- No, Enrique !
- Arrête tes conneries, Luis, t’es trop vieux pour un canular téléphonique.
Paris est entré dans la légende en pratiquant un football de rêve, personne ne peut y rester insensible, surtout pas Didier.
Mais c’est une cigogne qui va faire pencher la balance. En 2019, elle dépose un garçon vivant en Angleterre, de père nigérian et de mère franco-algérienne dans le berceau des U18 France. Il avait le choix entre quatre sélections, il a opté pour les Bleus : un cadeau tombé du ciel pour notre pays... et ses abribus...
Olise régale, son élégance confine à l’artistique. Il distribue les galettes, ses passes transpercent les murailles, vers des espaces qu’un œil normal ne peut pas voir. Déjà 5 distillées, encore 3 et Michael rejoindra Leo et Diego au paradis des pâtissiers. Le retour d’un vrai 10, avec les clés de la tire dans la fouille.
Jadis bourre-fesse, cette équipe pourrait devenir le Brésil des grandes années. Allez Michael, mets nous une cassette de samba et appuie fort sur le champignon...


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