KIKI DE BONDY
- 16 juin
- 2 min de lecture

Qu’il est loin le temps où un gamin pétillant tapait dans la balle dans un hall d’immeuble de Bondy Nord.
- Putain tu fais chier sale morveux !
- Pardon Madame ?
- T’as pété mes lunettes !
- C’est pas vrai y'a but, j’étais pas hors-jeu !
Après 200 pompes, 400 abdos et 100 burpees, Kiki alignait 4 aller-retours à cloche-pied pour monter au 18e étage avaler la tartine de Nutella préparée avec amour par maman Fayza. Puis de sa voix de stentor, papa Wilfried sonnait la fin de la récré :
- Tu iras chercher 12 pacs de Cristaline chez Lidl.
- Oui Pa. Et je pourrais jouer au foot après ?
- Oui, quand tu auras fini ta dissertation et ton devoir de maths !
- Merci Pa, j’ai une finale contre William et Kolo.
- C’est un triplé minimum, sinon tu iras te coucher sans manger !
- OK Pa.
Voilà comment on devient milliardaire quelques années plus tard : des escaliers pour ascenseur social, l’amour d’une mère et de l’autorité paternelle. Si j’avais su, j’aurais été moins cool avec mes smicards d’enfants.
Ce lundi 8 juin 2026, les Bleus affrontent l’Irlande du Nord pour un ultime match de préparation au Mondial américain. De quoi se rassurer un peu après la pale copie de la Côte d’Ivoire, surtout si l’idole détrône Olivier Giroud au palmarès des goleadors tricolores.
Après quelques minutes une chose saute aux yeux : neuf joueurs cavalent comme des lapins de garenne, pas Mike Maignan le gardien, ni notre Kylian national qui laisse les basses œuvres défensives à d’autres. Tout est clair, il est là pour enfiler les perles.
12e minute, Désiré Doué crochète, revient à l’intérieur et frappe à 20 m. Le parisien en a mis quelques-uns comme ça, accessoirement en finale de Ligue des Champions. Quel toupet ! Un véritable crime de lèse-majesté ! Il aurait pu penser à Kiki ; il aurait dû lui faire la passe. En tout cas, c’est ce que pense Mbappé : bras levés, râle de mécontentement, il met un siècle à revenir dans le rond central. Attention Désiré, il n’est pas trop tard pour te mettre au service de l’équipe : sinon Bradley le fera sans rechigner.
On ne peut pas ne pas penser à Cristiano Ronaldo ; même cinoche quand un partenaire le snobe. Le dieu portugais est capable faire la gueule après une finale de Champion’s League remportée parce qu’il n’a pas scoré ou mieux, de célébrer un but qu’il vole à un coéquipier avant de se faire prendre en flag par le ralenti.
Là encore un milliardaire au melon démesuré, le bois dont sont faites les superstars. N’est-ce pas Michael Jordan ?
Olise, un autre Michael, a mis un triplé ! Et si c’était son Mondial ? Le groupe vit bien, Deschamps sait faire. Une scène de liesse à chaque but, ses potes se jettent sur lui.
Tous sauf un…


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