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EN MISSION

  • 18 juil.
  • 4 min de lecture

La guimbarde française n’a pas la cote aux États-Unis. Si la « tire à Dédé » a brillé sur le périph ou l’Sébastopol, elle a coulé une bielle sur la route de New-York. Le rêve américain a pris fin mardi au Texas, le capot qui fume sur le bas-côté d’une artère de Dallas.  


On nous promettait un feu d’artifice, ce 14 juillet 2026 a accouché d’un pétard mouillé !

En ces temps chaotiques, un influenceur audacieux peut rapidement devenir une icône. Grandiloquence et manque de discernement sont fréquemment de mise  pour embellir une morne réalité.


Un pénalty contre le Paraguay et un but contre le Maroc, réseaux sociaux et médias mainstream s’enflamment pour savoir si Kiki doit s’asseoir à la table de Platoche et Zizou. Après cinq passes D. en sept matchs, Olise peut désormais viser le Ballon d’Or. Quant à Deschamps, une deuxième étoile et il rejoindrait Vittorio Pozzo au firmament des sélectionneurs. Si on ajoute 98 comme joueur, à lui le trône de Jupiter, au sommet de l’Olympe. Après  une démonstration de force contre le Sénégal, l’Irak, la Norvège C, la Suède, le huitième et le quart, le monde entier admire… et craint les « 4 Fantastiques » d’une équipe qui se proclame « en mission ».


Tout le monde… sauf nos meilleurs amis espagnols qui nous retrouvent en demi, après trois roustes à l’Euro, aux JO et en Ligue des Nations. Mais voilà, Dédé a remballé son vieux 4/3/3 et succombé aux sirènes d’un 4/2/3/1 prôné par Mobutu et ses hommes.


Ce nouveau système, avec son animation offensive faite de percussions, de permutations et de créativité vole en éclats. Hormis Rabiot et Upamecano au rendez-vous, les autres ne sont jamais sortis du vestiaire : Tchouaméni en claquettes, les latéraux au supplice, Saliba avec un dos fracturé, Maignan en moufles et chaussure de ski.


Encensés par des hordes de nigauds, nos Trois Mousquetaires ont sombré, même à quatre. Dembélé, Olise et Barcola n’ont pas réussi le moindre geste technique en 45 minutes, un florilège de passes, contrôles et dribbles ratés. Pour les tirs, aucun échec, il n’y en a pas eu !  D’Artagnan n’a pas fait mieux en dégainant un canif face aux épées adverses.


La Roja nous a mangé tout cru, la leçon de foot est sévère ; à tel point qu’aucun tricolore n’aurait sa place dans cette armada. Une victoire dimanche… ça ferait deux titres majeurs pour Luis de la Fuente en quatre ans… plus que Dédé en quatorze !

S’il paraît impensable de rivaliser avec l’Espagne en terme de QI foot, de technique et d’organisation collective, on attendait plus de détermination dans les duels chez une équipe « en mission ». Dédé a raté son dernier match à enjeu avec des choix douteux, composition et changement. Pire, l’œil hagard enfoncé dans son siège, sans réaction, l’entraîneur n’entraîne pas grand monde. Jusqu’à l’après-match, où son analyse se limite à la supposée faiblesse de l’arbitrage…

 

L’ Argentin « en mission » ne blague pas. Tout d’abord il n’en parle pas, il le fait. Il donne sa vie sur le terrain, galvanisé par les 40 000 fanatiques en tribune. Bien au-delà du divertissement sportif, on est quasiment dans la revendication identitaire. Pour cette Nation si singulière, pour le Sud Global qui résiste encore et encore à l’arrogance occidentale. En général, le va-t-guerre ne fredonne pas que des comptines : certains chants racistes témoignent d’un humanisme que ne renierait pas un skinhead.


Transe collective durant les hymnes, antijeu, coups et intimidations, l’Albiceleste est une troupe de charognards tous plus pénibles les uns que les autres. Depuis que le dieu Diego a soufflé sa veilleuse, Messi a pris une dimension divine : chaque joueur est un guerrier dédié à la gloire de Leo. La légende dit que Laurent Blanc n’a jamais fait un tacle de sa vie, Giuliano Simeone les multiplie de la tête…


Mais l’Argentine n’est pas le Paraguay. Après trois qualifications miraculeuses, les Sud-Américains récidivent en demi. A la minute où les Anglais marquent, ils ont confisqué le ballon et pratiqué un foot de rêve. C’est comme si leur jeu brillant se devait d’accoucher dans la douleur. Quel festival : les remplaçants régalent, Messi multiplie les galettes… que Fernandez et Martinez mettent au fond.

 

On rêvait tous de la revanche de 2022. Roja contre Albiceleste est une finale logique. Si les Espagnols gardent la tête froide et résistent à la ferveur, ça peut sentir la deuxième étoile. Si dieu existe, attention aux Argentins : un miracle de plus et ça serait un back to back invraisemblable, orchestré par un génial quadragénaire.


L’histoire contre la légende…  

 

Sa bagnole crève doucement tout au fond du jardin

D’un pavillon d’banlieue près d’la ligne de chemin de fer

Les poules ont fait leur nid sur les sièges éventrés

La rouille a tout bouffé la peinture et les chromes

Le pare-brise et les phares dégommés par les mômes

Y reste bientôt plus rien d’la pauvre tire à Dédé 1 

 

 

 

 

 

 

 

 

1- Renaud Séchan    

 
 
 

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